25 septembre 1901
Envoyé le : 26 septembre 1901
De : Alfred Besson
A : Sophie Matile
Texte :
Fontainemelon, le 25 septembre 1901
Ma chère Sophie !!
J'ai beaucoup pensé cette semaine à l'entretien que nous avons eu dimanche soir à propos de nos fiançailles ; ça me fait beaucoup de peine que tu aies pu supposer un seul instant que mes parents ne t'aient pas trouvés de leur goût, et apte à faire le bonheur de leur fils (celui qui t'aime). J'ai fait part de la conversation de dimanche soir à mes parents, ils te prient de ne pas mal les juger ; car tous leurs voeux sont pour la réalisation de notre union. J'ai peut-être aussi manqué, en ne demandant pas d'entrée à Mr et Mme Matile ; Je reconnais, que j'aurais dû le faire il y à longtemps, il ne faut pas tant m'en vouloir pour cela, car j'étais tellement heureux de passer quelques instants auprès de toi, que le soir arrivait, sans que j'aie rempli mon devoir vis à vis de tes parents ;
En rentrant contre la maison, j'avais toujours le regret de ne pas avoir mis en exécution ma demande. Maintenant j'aimerais savoir pour quel motif vous aimeriez que je suspende mes visites, car je crois avoir bien compris : que Madame Matile trouve que c'est trop souvent une fois par semaine, que ce serait préférable une fois par mois. Je me rangerai donc à votre manière de voir ; bien à regret, il est vrai, car comme nous avions projetés nos fiançailles à Noël, il me semble que c'est bien peu souvent que de se revoir que trois fois jusque là. Je te prie de bien vouloir excuser l'écriture, car j'ai été piqué au petit doigt de la main droite par une mouche vénimeuse, et il me fait bien mal. En attendant le jour éloigné où j'oserai te revoir, je te salue bien respectueusement
Reçois un doux baiser de celui qui t'aime
Alfred
Commentaires :
Les parenthèses entre "celui qui t'aime" semblent indiquer qu'il y avait quelques rivalités fraternelles quant à Sophie. Peut-être mon esprit romantique me joue-t-il des tours et voudrait bien que cela soit vrai ? Qui sait ? Peut-être cela en était-il ainsi...
A l'époque, on allait encore "contre" la maison. Je me souviens avoir entendu mes grands-parents souvent utiliser cette forme obsolète. Mais je pense que cela se dit encore dans certains endroits.
Rusé l'Alfred ! Je trouve son chantage aux visites très bien tourné. Il savait se placer en victime sans tomber dans la sensiblerie. Ah, ces belles-mères, ça n'a pas beaucoup changé (je ne parle pas pour moi, bien sûr !!!!!!)
Et puis alors le coup de la mouche "vénimeuse" me fait bien rire. C'est vraiment trop mignon. J'imagine qu'il s'agissait d'un taon ou quelque chose comme cela.



La famille Matile de La Sagne. Au centre, cheveux blancs, mon vénérable trisaïeul (parent du 4ème degré, ou arrière-arrière-grand-père si vous préférez). Son nom : Edouard Matile. On l'appelait, paraît-il, l'Empereur dans tous le Val-de-Ruz. Sobriquet sans doute dû à son sens inné des affaires, notamment du négoce paysan. Sur sa droite Son épouse, Lucie, née Perrenoud. Et sur sa droite, Sophie. J'ignore si elle était déjà mariée au moment de cette prise de vue, mais j'imagine qu'elle date de la même époque que la lettre.

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09 Août 2007 à 21:18 dans
- Archives Besson-Matile



Je t'accorde qu'ils ont l'air bien sérieux. Mais n'oublie pas qu'avant d'obtenir le bon cliché ils ont posé de longues minutes ; avec en face un type suréquipé qui leur disait de se tenir tranquille... En plus, c'était un événement la photo de famille. Franchement, je pense que Mathieu a déjà plus de photos de lui que mon arrière-grand-mère n'en a eu d'elle toute sa vie... J'apprécie particulièrement le décor ciel/nature en arrière fond, ainsi que la bible posée sur le guéridon. Elle est belle cette photo.
A+
Posté par magma — 10 Aou 2007, 17:05
Yahou, y z'on l'ait tirer la gueule tes aïeux sur ce clichétographe.
Jolies les tournures de la lettre du zamoureux et était-ce l'p'tit doigt qu'y l'piquait vraiment ?
C'est vrai qu'maintenant c'est sms censuré!
Posté par H-IL — 10 Aou 2007, 08:25