Romandie.com
 
Créer un blog | Noter ce blog | Signaler un abus
 
| Autre blog ? >>  

Avis de tempête

107 ans d'archives familiales

Au mois de juillet, je vous avais parlé d'un vide-garage qui se tiendrait au home de la Grand-Mam's le 4 août 2007, et de mon souhait de retrouver les correspondances entre mon arrière-grand-père Alfred Besson et mon arrière-grand-mère Sophie Matile.

CLIQUEZ POUR VOIR L'ARTICLE DU MOIS DE JUILLET 2007

Eh bien mes désirs les plus fous ont été réalisés. J'ai non seulement retrouvés les lettres en question, mais également 2 portraits encadrés, des vieux jouets oubliés de mon enfance, des livres d'école, des magazines des années 80, et une dizaine d'albums photo de la famille soigneusement tenus et entretenus par ma grand-maman Simonet ; ces reliques contiennent des centaines, peut-être plus d'un millier de clichés des gens de notre famille de la fin du 19ème siècle à aujourd'hui. En plus, j'ai mis la main sur toute la correspondance de mes grand-parents Simonet, notamment celle de la période de la Mobilisation ! J'en tremble de plaisir !

L'écriture étant parfois difficile à déchiffrer, je propose de retranscrire systématiquement tous les écrits. En annexe, je mettrai toujours un fichier GIF ou JPEG des lettres et des enveloppes en question (voir les règles). La plus ancienne date de l'année 1900. Elle a donc 107 ans. C'est une carte de voeux pour l'an nouveau envoyée par Alfred à Sophie. Elle ne présente pas un grand intérêt, mais je la publierai en premier.

J'ai bien failli "serrer" à plusieurs reprises, les archives dont je vous parle restant introuvables pendant de nombreuses heures. Mon beau-père, Schwabounet, m'a alors dit croire qu'elles se trouvaient au garage. Nous nous y sommes rendus et c'est là, ruisselant, dégoulinant, essoufflé, que je les ai trouvées... Du moins en partie : dans une vieille valise ayant plus que vécu se trouvaient des centaines de lettres des Simonet ! Ce fût une grande surprise car je n'étais pas venu pour cela !! Le reste de la correspondance, (celle des Besson-Matile, celle pour laquelle j'étais venu) je l'ai retrouvé chez mon grand-papa Simonet, 93 printemps. Je soupçonne mon beau-père d'avoir toujours su où se trouvait ce que je cherchais, mais il craignait peut-être que je ne vienne pas les aider pour le vide-grenier s'il me le disait... Je serais venu de toute façon, Schwabounet !

J'en ai des frissons dans le dos. Toute cette paperasse poussièreuse, ces odeurs indescriptibles, ces secrets de la vie quotidienne de ma famille proche et moins proche sont en ma possession. Je ne m'en considère toutefois pas comme le propriétaire, ces écrits appartenant à tous les descendants respectifs, mais comme le gardien, le conservateur. Je suis d'une reconnaissance immense à mes ancêtres d'avoir presque toujours datés leurs missives, afin de pouvoir en faire la chronologie juste. D'ailleurs, j'ai passé une bonne partie du dimanche 5 août à les remettre dans l'ordre. J'ai d'ailleurs bien failli faire une énorme bourde. Tenant dans les mains un papier plié apparemment vierge, j'ai hésité à le mettre dans la corbeille à papier. Par aquis de conscience, je l'ai tout de même ouvert. Choc ! Une personne dont je n'ai pas reconnu l'écriture avait dessiné un arbre généalogique des Besson - Matile !!! Du coup, j'ai tous les noms des frères, soeurs, oncles, tantes et parents de mes arrières-grand-parents ! J'ai ainsi appris que du côté des Besson, il y avait eu des Maffli. Et du côté des Matile, il y a eu des Perrenoud. Emballé par cette découverte, j'ai annoncé à ma grand-maman paternelle, 86 ans, ce que j'avais trouvé. J'ai appris par sa bouche que du côté de feu mon grand-père, il y avait eu des Furrer. Pour ma part, je savais déjà que son père était un Junod et sa mère une Perriard. Je savais aussi (on rechange de famille, côté maternel) que du côté des Simonet il y avait des Bärtschi et des Haldimann. Plus loin, on retrouve des Balsiger. Mais je m'éloigne et cela ne vous intéresse pas ; restons-en aux Besson - Matile.

Malheureusement, il existe peu de lettres qui se répondent. Il s'agit bien souvent d'une missive envoyée à laquelle le récipiendaire a sans doute réagi par une autre lettre mais sans que cette réponse parvienne jusqu'à moi. Donc je suis à la fois comblé et déçu ; combien de lettres perdues dans l'abîme du temps, brûlées, déchirées ? Certaines ont-elles terminé leur vie chez l'un des nombreux frères ou soeurs de ma grand-maman ? Je ne le saurai sans doute jamais ; seule ma tante Alice vit encore. A mon avis, je devrais déjà être heureux de ce que j'ai retrouvé, mais en lisant les papiers, d'autres questions viennent me tarauder. De toute façon, je manque de temps pour pousser les recherches plus loin. Je vais donc me contenter de ce que j'ai retrouvé en attendant d'avoir peut-être plus de temps un jour.

Quoi qu'il en soit, cette découverte représente une richesse inimaginable. Mes bisaïeux eux-mêmes ne se doutaient sûrement pas de ce qu'ils nous lèguaient ainsi. Quand je pense à toutes leurs lettres, je me dis qu'aujourd'hui une telle correspondance relèverait du miracle ; pas en ce qui concerne le journalisme, la littérature ou la science : les médias et supports actuels sont extraordinaires et permettent au plus grand nombre de s'exprimer de manière générale. Ce blog en est la preuve. Non, je pense à toute cette correspondance de la vie quotidienne, à ces banalités futiles et pourtant pleines de charme. Ce que mon arrière-grand-père écrivait à sa Sophie en 1907, je le dis par téléphone à ma Bibiche en 2007. La différence ? Il ne reste aucune trace des téléphones... C'est là toute la richesse de ces lettres. Si j'avais voulu m'imprégner de l'époque, un livre, un journal ou même un magazine m'aurait apporté ce dont j'avais besoin. Mais si je voulais me glisser dans l'intimité de mes ancêtres, ces lettres sont le seul moyen valable ; tout le reste n'est que spéculation et approximation. 

Je vais tenir à la disposition de la famille toutes les archives ainsi récupérées. Je vais également publier chronologiquement toutes les correspondances de mes aïeux. Les lettres des grand-parents Simonet ne seront toutefois publiées qu'après le départ de mon grand-papa, qui m'a donné son accord. Tout ceci se fait d'ailleurs avec son approbation la plus complète. Je pense être le plus à même dans la famille à faire revivre ces trésors oubliés. Souvent, j'ai l'impression de passer pour un illuminé avec mes idées de lire, retranscrire, parfois déchiffrer ces archives ; mais je crois sincèrement qu'il s'agit de ma mission, que je suis au centre d'un "noeud" spatio-temporel et que ma descendance me sera reconnaissante d'avoir un jour fait ce travail colossal. Car ce que j'entreprends est colossal.

Par ailleurs, ma grand-maman avait déjà entrepris ce travail ; c'est à elle que je dois les bases sur lesquelles je travaille aujourd'hui et aussi la passion qui m'habite chaque fois que j'ouvre un album de photo anciennes. Elle avait le sens du souvenir. A l'époque où elle m'en parlait, je ne saisissais pas toujours le sens ni le besoin d'une telle démarche. Je l'ai parfois mal reçue. Je m'en foutais un peu, je dois dire.

Aujourd'hui je comprends. Et je te remercie de tout coeur de m'avoir mis sur ce chemin, grand-maman. Sur le sac en plastique qui contenait les lettres de tes parents, tu avais écrit : "A remettre à mes soeurs en cas de décès". Tu étais l'avant-dernière de cette famille nombreuse et tous tes frères et soeurs sont aujourd'hui décédés, à l'exception de ta soeur Alice. Je la contacterai ces jours ; peut-être pourra-t-elle me fournir d'autres archives ? Tu avais 5 ans quand ton père a été assassiné en 1924. Je crois que c'est la raison pour laquelle c'est toi qui t'es retrouvée en possession de ces lettres. La mort de ton père aura été l'un des drames de ta vie, entre autres. C'est sûrement ce qui t'as poussé à vouloir en savoir toujours plus sur cet homme que tu as idéalisé toute ta vie, sans doute inconsciemment. Tu as même commencé à écrire un livre dans les années 90. Un livre sur tes parents, ton enfance, ta vie à la ferme. Je me souviens que tu as noirci plusieurs dizaines de page A4. Chaque fois que je te voyais, je te demandais où tu en étais. En tous cas je suis intimement persuadé que tu aurais été très heureuse de me voir reprendre le flambeau et que tu aurais reconnu en moi la personne la plus à même à continuer ton travail. Je pense souvent à toi depuis que tu nous as quitté en 2002.

Tu n'as pas terminé ton bouquin ; je vais encore seriner toute la famille pour savoir où se trouvent tes manuscrits. Baba, mon frangin, est persuadé de les avoir vus au grenier chez maman ; pas au home, mais à son domicile privé. Mais elle ne croit pas les avoir jamais vus chez elle... J'ai de beaux combats en perspective pour les récupérer... 

J'ai fait un petit film et quelques photos. Je les publierai plus tard. Jean-François nous a bien aidé. Le grenier est maintenant propre et bien rangé. Nous avons vidé 5 remorques pleines à la décharge ce qui, soit dit en passant, me fait mal au ventre. Quel consumérisme aveugle et croissant ! Nous avons jeté des objets qui auraient sûrement servis encore bien des années. Bien entendu, ce ne sont pas les objets eux-mêmes qui me rendent nostalgique mais leur utilisation, qui eût pu être bien plus grande ; combien de gens sur Terre auraient eu besoin de ce que nous considérons comme des bibelots inutiles et dépassés ? Et quand je pense à la consommation d'énergie nécessaire à la fabrication de ces choses que nous avons, parfois, très peu utilisées... Bon, séance d'autoflagellation terminée !

Encore une chose : j'avais parlé d'un vide-garage et comme vous le constatez, c'est le grenier que l'on a vidé. Ma mère a pensé qu'il fallait joindre les deux. Elle a eu raison. Toutefois, nous n'avons pas eu le temps de faire les garages. Donc nous nous sommes donnés rendez-vous pour cela. Je ne pense pas, cependant, que nous y trouverons d'autres objets aussi interessants. On verra bien.


Commentaires

  1. J'aurais besoin d'un sponsor pour travailler à 100 % sur ça. Mais personne ne voudra payer un type pour qu'il s'intéresse à ses ancêtres... A moins que je comptasse parmi mes aïeux un duc de Marlborough, de Gaulle, Staline ou Roosevelt. :'(

    Posté par magma — 07 Aou 2007, 18:40

  2. Donc si ch'comprends bien, tu vas prendre ta retraite très très anticipée pour faire tout l'bouleau qu'tu t'promets.
    Si tu veux t'attaquer à mes archives, elles sont dans l'foyer de Cridor (centre régional d'incinération des ordures) dans la Métropole. Tout du ch'nit en mois pour mes héritiers.

    Posté par H-IL — 07 Aou 2007, 15:59


Votre commentaires :



Smileys: :);)O:|:'(:*:(:P:S:O:D